Séquence didactique de la fable: le loup et l'agneau
I) Objectifs de la séquence :
Objectif général : la fonction argumentative dans la fable
Objectifs spécifiques : 1) de la forme au contenu
2) métaphore et réalité dans l’écriture de la fable
3) les procédés de l’argumentation
II) Contexte de la séquence :
Comment à travers l’étude de la fable, on peut doter l’élève des outils théoriques et pédagogiques pour construire un texte argumentatif.
Nous avons affaire à un texte qui s’inscrit dans le genre littéraire (la poésie), de type poétique, narratif et argumentatif.
III) Présentation du texte :
Pour atteindre l’objectif visé nous avons entrepris d’étudier la fable :
le Loup et l’Agneau de Jean de la Fontaine
La fable est par définition, de bref récit poétique qui met généralement en scène des animaux dans le but de présenter une morale.
La Fontaine se sert donc des animaux dans ses fables pour représenter des caractères sociaux. Là réside toute l’originalité des fables. Chaque animal va ainsi symboliser un genre humain précis. D’où cette analyse qui vise à voir en profondeur comment L’auteur joue-t-il avec les mots à travers les métaphores pour faire ressortir la réalité de nos vies quotidiennes ? Comment la fable assume la fonction argumentative et ce, en interrogeant les outils poétiques mis en œuvre par l’auteur ?
IV) organisation de la séquence :
La séquence comprendra trois séances, deux heures chacune.
La première séance sera consacrée à l’étude de la forme et de contenu. Dans la deuxième séance, nous s’attarderons sur la métaphore et la réalité dans l’écriture de la fable et nous finirons la séquence par une troisième séance, dans cette dernière, nous consacrerons une heure pour les procédés de l’argumentation et une heure pour un exercice d’évaluation finale qui portera sur la rédaction d’un paragraphe argumentatif et donc la séance prendra deux heures.
V) pré-requis :
Lecturepréalable du poème par les élèves.
Il faudra que les élèves aient en tête les caractéristiques de la fable.
VI) Niveau :
3ème année du cycle secondaire collégial.
VII) Déroulement de la séquence :
Séance 1 : De la forme au contenu
Dans cette fable, La Fontaine met en scène deux personnages, le loup et l’agneau, symboliquement un être sauvage et un être domestique. Ces animaux parlent et s’animent sous yeux du lecteur. La Fontaine, il leur prête une âme c’est ce qu’on appelle une personnification. Cette fable illustre une morale qui résume la leçon qu’on doit retenir, cette moralité est exprimée avec rapidité par un distique, par un seul vers très semblable à un proverbe « la raison du plus fort est toujours la meilleure » (c’est la loi de la jungle) poursuit par un vers qui ne raconte rien, il a une valeur métalinguistique, il révèle l’organisation du texte ; ensuite vient le récit car deux vers consacrés pour l’agneau et deux vers consacrés pour le loup. Ces quatre vers présentent les deux personnages, leur situation et le décor. Dans les six premiers vers, La Fontaine mélange des vers de type alexandrin, décasyllabe, octosyllabe et hyptasyllabe. Puisque la morale susmentionnée évoque la loi de la jungle, La Fontaine ne respecte pas aussi la versification.
D’abord, nous avons un paysage où il y a les montagnes, la nature, l’eau, les bergers…Dans ce paysage, nous avons un agneau inspirait le calme et la paie qui se désaltérait, survient un loup poussait par la faim qui cherche sa proie, et par chance, il rencontre l’agneau. Le loup commence le dialogue et accuse l’agneau, non seulement de troubler l’eau qu’il bois mais l’ordre et la hiérarchie et se met en colère (le loup est expéditif pour le procès) l’agneau ose du langage, il appelle le loup « sir ; votre majesté » par un ton calme, respectueux et par un discours argumentatif, raisonné et rationnel il réfute l’accusation de loup. Mais le loup ne s’arrête pas là, par un ton sec il avance des raisons et des arguments de force et d’autorité pour juger l’agneau et le rendre agresseur.
Le procès est devenu une vraie mascarade, le loup se démasque et c’est lui qui termine le dialogue. Les trois derniers vers racontent l’exécution du jugement déloyale et commentent la mise à mort de l’agneau.
Séance 2 : métaphore et réalité dans l’écriture de la fable
Le loup est très fort, il est connu par sa méchanceté et sa tyrannie. Quand à l’agneau il est doux, innocent et donc sans défense. Face à celui-ci le loup représente le côté dominateur et imposant des « grands » dans la société humaine. Quand à L’agneau il symbolise les faibles, ceux qui sont sans défense et qui se laissent malgré eux dominer. Ainsi deux pôles s’imposent : celui des faibles et celui des plus forts.
D’où la métaphore d’un côté et la réalité d’un autre. Cette situation existe chez les animaux mais l’auteur la représente dans le but de refléter la réalité, c'est-à-dire la vie quotidienne.
Ainsi la force et la faiblesse peuvent designer plusieurs choses à la fois. D’abord on a le riche face au pauvre qui se retrouve souvent sans aucune défense face à celui « qui possède la vie » comme on dit. Ensuite il y a la force physique et le moins fort. Et enfin on peu citer la puissance politique ou militaire.
Rien n’est à négliger dans l’étude d’une fable. D’abord il faut noter le choix du titre. Pourquoi le loup et l’agneau et non pas par exemple l’agneau et le loup ? Il s’agit là de quelque chose de très significatif. Le loup comme nous l’avons dit qui représente la force passe toujours avant toute chose, dans la réalité. Et donc là l’auteur va d’abord citer l’agneau dans la fable, justement pour montrer que même si c’est le plus faible qui se présente le premier, c’est le « grand »qui doit passer avant. Ce sont là des choses qui se font très souvent voir dans la vie courante.
Ici l’auteur montre que par la force on peut tout avoir et on gagne toujours dans la vie. Le pauvre agneau ne faisait que boire l’eau qu’a offerte la nature a tout le monde. Il savait certes qu’il n’avait rien fait de mal mais s’est excusé.
Il faut préciser que dans la jungle celui qui représente le trône c’est le lion,
Pourtant l’agneau utilise un vocabulaire majestueux. On peut donc dire que le plus fort devient un roi face à son inférieur.
Revenons à l’idée d’accusation du loup. Il veut à tout prix culpabiliser l’agneau. A chaque réponse justifiable, il cherche d’autres accusations ; il dira « si ce n’est toi, c’est donc ton frère ». Tout ça pour dire qu’il est grand fort et à besoin de manger donc il mangera.
La fin dit qu’il n’y a pas eu d’autre forme de procès. A mon avis il y a eu un procès, celui du loup, un juge le loup lui-même, un accusé ; l’agneau et un avocat qui ne fut autre que sa propre personne. Et donc le seul juge est le pouvoir et la force.
Séance 3 : les procédés de l’argumentation
L’argumentateur développe une argumentation, il présente des justifications ou bien des preuves. Pour convaincre un interlocuteur que l’opinion qu’il exprime est bonne, c’est-à-dire que sa thèse est juste, il choisit donc un type d’argument :
Argument d’autorité : il s’appuie sur le prestige ou la compétence de son auteur pour se faire admettre. On peut citer les propos d’un grand écrivain, un expert, d’un scientifique. Ces citations et la mention du nom imposent le respect.
Argument par la cause : il s’appuie sur la ou les causes d’un phénomène. Parmi les causes possibles l’argumentateur sélectionne celles qui s’accordent avec sa thèse.
Argument par la conséquence : il s’appuie sur les effets d’un phénomène pour en montrer les avantages ou les inconvénients. Il peut aussi partir d’une hypothèse et en envisager les conséquences pour en montrer l’absurdité. L’auteur envisage un fait et ses conséquences.
Après l’étude de la fable et l’analyse de différents procédés de l’argumentation, les élèves seront amenés à écrire un petit paragraphe de nature argumentatif, en se basant sur les types d’arguments.