Séquence didactique

 

 

 

I) Objectifs de la séquence :

            

L’objectif général de cette séquence est de faire sentir aux apprenants qui viennent d’étudier les mémoires (récit de vie à la première personne), à quel point la relation indispensable entre le corps et la connaissance peut être tour-à-tour un moyen d’écriture de soi.

                 

             

          Objectifs spécifiques : 1) Comment le jeu du corps fait naître la réflexion, la méditation.

                                                   2) L’énonciation

                                                 

II) Public visé :

 

Une classe de terminale.

 

III) Contexte de la séquence :

 

Séquence proposée au début de l’année et en aval d’une séquence consacrée à l’autobiographie et la biographie.

 

IV) Organisation de la séquence :

 

La séquence comprendra deux séances, deux heures chacune.

La première séance sera consacrée à l’étude de textes. Nous finirons la séquence par une deuxième séance, dans cette dernière, nous consacrerons une heure pour l’étude de l’énonciation et une heure pour un exercice de production écrite qui portera sur la rédaction d’un paragraphe où les apprenants seront amenés à raconter une expérience de vie, un souvenir d’enfance, en mettant en évidence le « je ».

 

V) Pré-requis :

 

Lecturepréalable des extraits par les élèves.

Explication des mots difficiles.

 

VI) Pré-acquis :

 

Les apprenants sont déjà initiés à la lecture de différents genres autobiographiques comme la biographie, l’autobiographie…

 

VII) Présentation des textes :

 

Nous avons affaire à trois textes qui s’inscrivent dans le même genre littéraire (les mémoires), aussi ils suivent le même modèle énonciatif : l’écriture de soi

Pour atteindre l’objectif visé, nous avons entrepris d’étudier trois extraits de trois œuvres différents :

 Extrait 1 : Mémoires d’Hadrien, Marguerite YOURCENAR, 1951

 Extrait 2 : Mémoires d'outre-tombe, François-René de Chateaubriand, 1848

 Extrait 3 : mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir, 1958

                    

VIII) Déroulement de la séquence :

 

Séance 1 : Comment le jeu du corps fait naître la réflexion, la méditation :

 

Modalité d’exécution : la lecture méthodique des trois textes.

 

Dans le premier texte, Marguerite Yourcenar a fait de cet autocrate de l’antiquité le sujet, le personnage principal et l’auteur fictif des extraordinaires mémoires d’Hadrien, chef-d’œuvre d’introspection psychologique, en fait Hadrien semble bien avoir écrit son «autobiographie », autobiographie fictif : auteur # narrateur = personnage. Cependant, dans les deux derniers textes, le pronom « je » renvoie au narrateur qui est, en même temps auteur et personnage principal des mémoires. Le narrateur est à l’extérieur et rapporte les faits à travers ses yeux. Donc, il s’agit d’un point de vue interne.

On pourra souligner que chacun des trois textes présente la relation indispensable entre le corps et la connaissance. Dans les trois textes, il y a la présence du corps.

Dans le premier texte, le corps est présenté de manière négative. On peut noter qu’à travers la maladie et l’âge, le narrateur raconte ses souvenirs « un homme qui n’a plus l’énergie nécessaire… » ; « la méditation d’un malade qui donne audience à ses souvenirs… »

Dans le second texte, là encore, il s’agit de la présence du corps mais cette fois à travers les sens (ouïe). L’expression qui fait référence au corps est l’oreille. D’ailleurs, l’ouïe a beaucoup d’importance d’où l’existence d’un réseau lexical du bruit : "ouïr ; un roulement sourd ; oreille ; entendis le son ; le roulement ; le bruit ; j’écoutais les échos ; sonner ; auditeur silencieux".

Tout en racontant des faits sur sa vie, Chateaubriand apporte un témoignage sur des événements historiques auxquels il a assisté (ici la bataille de Waterloo) par le biais de l’ouïe. De ce fait, le narrateur passe de la sensation auditive à la méditation et la réflexion.

Enfin, le dernier texte évoque des sentiments dans le sens où Simone de Beauvoir présente le corps. Les expressions qui font référence au corps sont :

"déshabillais ; mes lèvres ; ma poitrine ; mes propres yeux ".

Là-dessus, à travers le corps Simone de Beauvoir prouve ses sentiments à Zaza

    

 

Séance 2 : L’énonciation :

La situation d’énonciation du texte  mémoires d’Hadrien  met en présence un "je" qui s’adresse à un "tu". L’indication liminaire « mon cher marc » permet d’identifier le nom du narrataire ; Marc Aurèle, le futur empereur et grand philosophe, tandis que la phrase « peu à peu cette lettre commencée pour t’informer de progrès de mon mal… » permet l’identification du "je". Ce "je" annonce d’ailleurs une série de termes : me, mon, moi-même,…il s’agit donc de l’écriture de soi. Mais sans doute faut-il aller plus avant dans ce dispositif car il s’agit en fait d’une lettre (écrit épistolaire) adressée par l’empereur Hadrien vieillissant à Marc Aurèle et l’on peut noter qu’à travers l’ordre de l’énonciation, le "je" vise à faire comprendre ses exploits, ses expériences et ses aventures pour instruire le narrataire. C’est donc sur le ton de la confession qu’Hadrien dresse le bilan de sa vie. De même, on pourrait croire qu’à travers la maladie et l’âge le narrateur méditant sur le pouvoir qu’il a exercé et donne audience à ses souvenirs.

   

La production de l’écrit n’est autre que le couronnement de la séquence, c’est, en quelque sorte, la séance d’application et de mise en exercice de l’ensemble des capacités acquises durant les séances précédentes.

A ce stade, après l’étude des trois textes, les élèves seront amenés à raconter une expérience de vie, un souvenir d’enfance, en mettant en évidence le « je ».                    

 

 

 

 

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